Français · CM2 · semaine 17
Le passé simple et l'imparfait dans le récit
Une leçon courte de CM2, à lire en cinq minutes. Chaque étape a son exemple.
Deux temps, deux métiers
Dans un récit au passé, l'imparfait et le passé simple ne font pas le même travail, et c'est la seule chose à retenir cette semaine. L'imparfait plante le décor : il dit à quoi ressemblait le lieu, quel temps il faisait, ce que les personnages avaient l'habitude de faire. Rien n'avance pendant ce temps-là, la scène se met en place. Le passé simple, lui, raconte ce qui arrive : une action qui se produit, qui ne dure pas, et qui fait basculer l'histoire d'un cran. Si tu enlèves toutes les phrases à l'imparfait, tu perds le décor mais l'histoire tient encore ; si tu enlèves celles au passé simple, il ne se passe plus rien.
Exemple : « La pluie tombait sur le toit et la maison dormait. » On voit la scène. « Une branche craqua. » Là, quelque chose arrive.
Les indices qui te mettent sur la piste
Tu n'as presque jamais à deviner : la phrase contient un indice. Du côté de l'imparfait, on trouve ce qui se répète ou ce qui dure : chaque matin, tous les jours, autrefois, en ce temps-là, depuis des heures, pendant que. Du côté du passé simple, on trouve ce qui surgit ou ce qui s'enchaîne : soudain, tout à coup, ce jour-là, à ce moment, alors, puis, enfin. Cherche l'indice avant de choisir le verbe, et non l'inverse. Et méfie-toi du sens du verbe : dormir n'appelle pas forcément l'imparfait, puisqu'on peut très bien écrire « il s'endormit aussitôt ».
Exemple : « Chaque soir, il relisait la même page. » / « Ce soir-là, il referma le livre sans le finir. »
Deux formes qui se ressemblent beaucoup
Le piège est aussi à l'oreille, et tu l'as déjà rencontré : il chanta et il chantait ne se distinguent que par la fin du mot. Prends l'habitude de regarder la terminaison jusqu'au bout. Les formes en -ait, -aient sont de l'imparfait ; les formes en -a, -it, -ut, -int sont du passé simple. Il sonnait, il partait, il prenait, il voulait d'un côté ; il sonna, il partit, il prit, il voulut de l'autre. Les récits emploient surtout les troisièmes personnes, du singulier et du pluriel : ce sont celles que tu rencontreras dans les livres.
Exemple : « La cloche sonnait à midi tous les jours. » / « La cloche sonna trois fois, puis se tut. »
Un temps qui s'écrit plus qu'il ne se dit
Tu n'entends presque jamais le passé simple dans une conversation : quand tu racontes ta journée à un copain, tu emploies le passé composé, et c'est très bien ainsi. Le passé simple, lui, est le temps de l'écrit : les contes, les romans d'aventure, les livres d'histoire en sont remplis. C'est pour cela qu'il te paraît un peu solennel quand tu le lis à voix haute. Et c'est aussi pour cela qu'il vaut mieux ne pas mélanger le passé simple et le passé composé dans un même récit écrit : le lecteur sentirait que le narrateur change de voix en cours de route.
Exemple : À l'oral : « Hier, j'ai perdu mes clés. » Dans un conte : « Le lendemain, il perdit la clé du coffre. »
À retenir
- Dans un récit, l'imparfait plante le décor : le lieu, le temps qu'il faisait, les habitudes des personnages.
- Le passé simple raconte ce qui arrive : une action courte qui fait avancer l'histoire.
- Les indices guident le choix : chaque matin, tous les jours, pendant que, autrefois pour l'imparfait ; soudain, tout à coup, ce jour-là, alors, puis pour le passé simple.
- Regarde la terminaison jusqu'au bout : il chantait est un imparfait, il chanta un passé simple.
- Le passé simple s'écrit plus qu'il ne se dit : à l'oral, on raconte au passé composé.
As-tu compris ?
Cherche d’abord, puis déplie la réponse. Dans l’appli, il y en a quatre, puis une deuxième série et un défi.
Français · CM2
Lis ce début de récit : « Chaque soir, le vieux gardien fermait la grille du parc. Ce soir-là, il trouva la grille grande ouverte. » Quelle phrase fait avancer l'histoire ?
Voir la réponse
Réponse : La seconde phrase. La première phrase décrit une habitude, avec « chaque soir » et le verbe à l'imparfait : elle installe le train-train du gardien. La seconde, avec « ce soir-là » et le passé simple « trouva », raconte ce qui arrive une fois et qui n'aurait pas dû arriver : c'est elle qui lance l'histoire.
Français · CM2
Ce que dit Naïm est juste : « Dans un récit, l'imparfait sert à planter le décor. »
Voir la réponse
Réponse : Vrai. Oui : l'imparfait décrit le lieu, le temps qu'il faisait, l'état des personnages, et il dit ce qui se répétait. Pendant qu'il est employé, l'histoire n'avance pas ; c'est le passé simple qui la fait avancer, en racontant ce qui arrive.
